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LA PÊCHE A PIED

 

 

La pêche à pied.

 

Nos promenades se terminent inexorablement par une quête. Que ce soit à la campagne, en ville ou à la mer, il faut que nous rapportions quelque chose.

En ville, il y a des découvertes fabuleuses dans les encombrants, mais ce n'est pas le sujet du jour.

A la campagne, chaque saison est propice et plus ou moins prometteuse en cueillettes de toutes sortes.

Les fraises, champignons, épinards, choux, carottes, noisettes, oseille, châtaignes, cerises, pommes, tout cela exclusivement sauvage cela va de soi et avec respect.

 

Au bord de la mer, on pourrait passer son temps à ramasser, qui, du bois flotté ou quelque objet insolite rapporté sur la laisse de mer et bien sûr, des coquillages.

 

 Pour les bassiers, nom donné aux pêcheurs à pied. Ils n'ont que l'embarras du choix. Patelles, bigorneaux, coques, palourdes, couteaux, moules, huîtres, crabes verts et rouges, salicornes, étrilles, crevettes, myes, praires, pétoncles, coquilles Saint-Jacques, ormeaux, pousse-pied, congres, dormeurs, araignées, poissons plats et j'en oublie certainement.

Les marées rythment la vie des coureurs de grève, autre nom donné aux pêcheurs à pied. Les grands coefficients sont les plus courus, mais un coefficient de 80, permet presque toutes les pêches.

Voici quelques repères, qui sans calendrier permettent de se faire une idée générale du marnage.

La pleine mer a lieu sur tout le littoral atlantique, vers trois ou quatre heures, les jours de pleine et nouvelle lune. Ceci s'explique par ce que l’on est à peu près sur la même longitude.

En Manche, ça se gâte un peu.

Rythme quotidien : deux marées par jour, de six heures, étale comprise.

Décalage, un peu moins d'une heure entre chaque marée.

 

J’en profite et j’insiste, en faisant un petit rappel. Beaucoup d’estivants ou autres amateurs de nature, dont ce n’est pas une activité courante, ne peuvent et ne savent pas les éventuelles conséquences qu’un simple caillou mal replacé peut engendrer sur la faune et la flore. Toute une vie microscopique, a choisi, et pour cause, de vivre et se cacher là-dessous, à l’abri du vent, du soleil et des prédateurs. Si nous les en délogeons, ces micro-organismes vont péricliter,           il n’est pas besoin d’en rajouter. Ceci est valable pour toutes sortes de cueillettes. N’hésitons pas à demander conseils.

 

 

Aujourd'hui, pêche à la palourde.

Pourquoi ? Pace que c’est une reine que l’on trouve partout, et, pour peu que l’on veuille bien là pêcher dans les règles de l’art, c'est-à-dire sans râteau, mais avec une cuillère, outres ses qualités gustatives, elles ne vous apportera que du bonheur. Un coëf. de 70, est généralement suffisant, mais un de 120, vous amènera dans des endroits vierges.

La première chose à faire, lorsqu'on arrive en terre inconnu, c'est d'inspecter le site à la recherche de ses lieux préférés. Elles vivent en colonie, à quatre, cinq centimètres de profondeur, parfois plus. Affectionnent les fonds sablo vaseux, sédiment grossier, autour des rochers, dans les coulées de sable parfois sous les cailloux

C’est la traque, la chasse, supputer ses chances de la confondre, ici le sable est trop fin, là trop vaseux, ici trop d’arénicoles, Tiens, au loin, un tombant, bien drainé, juste à côté du platier rocheux, allons voir.

Ce qui trahit ce bivalves fouisseur, ce sont justement ses siphons, inhalant et exhalant : deux petits trous, distants d’un demi à un cm, qui lui permet de filtrer l’eau.  Mais, parfois, un petit renflement, ou alors un trou informe, assez gros. Facile ! Y a plein d’trous, oui, mais celui-ci est seul, celui là est trop petit celui d’à coté à une forme de huit, si vous y mettez la cuillère, vous avez toutes les chances de vous faire pisser dessus, c’est un couteau. Il projette un puissant jet d’eau, et si comme moi, vous êtes de ceux, qui, par coquetterie, portent des lunettes, bonjour, avec les mains pleines de sable pour y retrouver la vue. Organe, pourtant indispensable, qui doit non seulement être bon mais très affûté.

 Sa taille légale, quatre cm, en dessous, vous risquez certes le pv, mais surtout soyons responsables de l’écosystème en ne pêchant pas les petites. J’emporte toujours avec moi mon étalon pour les mesurer, il s’agit de la première phalange de mon pouce, je ne risque pas ainsi de l’oublier à la maison et il fait juste quatre centimètres.

Le but : à chaque coup de cuillère, une palourde, avec l’habitude, on trie les trous pour ne tomber que sur les grosses, Mais ne vous laissez pas dévorer par la passion, limiter votre cueillette à votre consommation et relevez-vous de temps à autre, non pas pour vous soulager le dos mais pour profiter du panorama qui s’offre à vos yeux et admirer cette nature si belle et si fragile.

 

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