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Vent, neige, froid.

Depuis quelques jours nous avons ce que nous cherchions.

Vous avez voulu voir ! Ceci est un aperçu de ce qu'est le Nord.

Toute la nuit, les 50 nœuds de vent se sont acharnés sur le travers du bateau comme un lutteur sur un tatami sans jamais lui faire toucher les épaules.

C'est un robuste, Gwenn Ha Du.

Il semble céder et tout à coup se redresse et nargue le vent et cela recommence.

A l'intérieur c'est un peu moins gai. Le bruit nous empêche de dormir. Quand nous somnolons les rappels du bateau sont tellement brusques qu'on se demande comment les haussières peuvent résister.

- Et si elles cassaient ;

- Mais non je les ai doublées ;

- Oui, mais quand même !

Dans notre demi-sommeil les cordages sont toujours plus petits, plus usés, plus fragiles, alors on se lève, on vérifie, on se tranquillise et regagnons notre bannette jusqu'à la prochaine fois.

Le fait de bouger, d'être tossés sur le ponton, d'entendre l'eau et les défenses geindre sans se plaindre pour autant, n'est pas désagréable en soi. Il y a du rêve et de l'évasion dans tout cela. C'est notre voyage immobile de l'hiver.

Encore faut-il n'en point abuser, et là, c'est beaucoup.

La neige aussi, s'en mêle.

Jusque-là les 15 centimètres que nous avions nous comblaient. C'était beau, c'était nouveau pour nous les Bretons qui sommes perturbés par les 3 cm qui tombent chez nous une année sur deux.

Calés sur la banquette du carré, une tartine d'une main, l'autre tentant d'empêcher le bol de café de se répandre, nous petit déjeunons. C'est toujours un moment agréable, regardant le jour poindre, les ferry manœuvrer, la baie se dessiner. Ce matin, rien de tout cela, la neige a obstrué les hublots, nous reléguant dans un voilier sans salon de pont. Il n'en est pas question.

Pelle en main je dégage. La pelle est large mais la neige légère, elle passe par-dessus bord et dessale la mer. Quand sera-t-il, au moment de la fonte des milliers de congères formées par les chasse-neige. Les trottoirs eux-mêmes ont disparu. La neige tassée par les voitures s'est transformée en glace, couche après couche et s'est hissée au-dessus des trottoirs, ne laissant paraître qu'une large avenue blanche où cohabitent voitures et piétons.

Le froid polaire ou non est plus fourbe. Sans bruit il s’immisce et paralyse tout. Des pommettes exposées des marcheurs, aux hublots, quand ce n’est pas la porte du carré qui résiste et ne veut s’ouvrir. Moins onze degrés à l’extérieur, seize à l’intérieur, on ne batifole pas en tenue légère.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mini vidéo chasse-neige perso.

https://www.youtube.com/watch?v=9MexxKPL-kM&feature=youtu.be

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