Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

VAGUE

Sur la plage désertée que les vagues même n'osent déranger, piétinée par des jambes variqueuses, une main arthrosée furète à la recherche de grains de café. A moins, à moins qu'elle ne soit à la recherche de sa jeunesse évanouie. Son claudiquement dû à l'hallux valgus fait chanter les coquillages concassés. Evoquent-ils ses tendres années, son premier amour éprouvé. Pourtant nul cri d'enfant, nulle course débridée sur cette plage abandonnée. L'odeur du goémon n'est plus mêlée de celle tenace d'ambre solaire pommadée. Nul parasol déployé, aucune chair dénudée, seuls les gravelots se poursuivent en bandes désordonnées comme elle autrefois avec sa bande organisée. Un vieux sur sa canne appuyé, théâtralement découvre d'un geste auguste son crâne lacté qui n'est plus depuis longtemps protégé par ses cheveux envolés. Que cherche-t-il, lui ? Non point des grains de café, depuis longtemps il ne peut se plier. Encore heureux qu'il puisse marcher, goûter et humer l'air du large qu'il a peut-être écumé du temps révolu de sa verdeur. Du temps où il était, se croyait, beau et fort. Que reste-t-il de ce passé, achevé, consommé, moulte souvenirs heureux ou sinistres suivant qu'on pense positif ou négatif. Tout est dans notre façon de percevoir les événements. Notre vie n'est que ce que nous en faisons. Notre vie n'est que ce qu'en font nos idées, c'est Marc Aurèle qui l'affirme. Il m'a fallu toutes ces années pour l'apprendre, toutes ces années à patauger pour découvrir la vérité qui, si elle était enseignée changerait le regard du monde. Malheureusement l'on préfère façonner les jeunes esprits, leur bourrant le crâne d'idées prémâchées et orientées pour qu'elles s'insèrent et ne viennent troubler l'ordre établi.

Rejetés par la vague, nous arpentons cette plage nous aussi. Sans trop de varices, sans trop d'arthroses, sans trop de problèmes, n'adhérant pas encore à la secte des tamalous. La vague viendra-t-elle de nouveau nous emporter. Rien n'est moins sûr, nos amis alentours mettent en vente leur bateau. Nous hésitons, tergiversons, d'abord, lui refaire une beauté. Gwenn ha du végète sur un ber comme sur des béquilles, lui, qui est plein de vigueur et piaffe à nouveau d'être sur la vague.

Le blog, aussi, se languit, point trop de mes écrits mais de vos visites. Nous ne vous oublions pas, pensons souvent à vous qui nous avez suivis et encouragés. Je me suis attelé à un ouvrage de longue haleine dont le blog pâtit. Il va donc resté en sommeil encore pour un temps, puis renaître sûrement, puisque rien ne meurt.

 

 

Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article