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Fin d’hiverneige.

Quand arrive la fin de l’hiver, s’arracher à notre torpeur, à notre petit confort, à notre petite vie de retraités bien paisible, est, semble-t-il plus difficile.

Peut être, parce que cet hiver fut plus long, huit mois. Long et cependant court de satisfaction. Peut-être est-ce le froid, il neige encore et parfois il glace, nous sommes, pourtant, début mai.

Nous, nous étions installés, avions pris nos marques, nos activités réglées comme rentiers. Tout y était, sauf l’âtre ou crépite joyeusement le feu. Sauf l’horloge comtoise qui bat la mesure, remplacée par un discret et plus logeable réveil électrique qui a la bonne intelligence de ne pas marteler bruyamment le temps, de ne pas sonner tous les quarts d’heures. De ne pas nous rappeler trop souvent que nous sommes mortels.     

Le matin écritures, l’après-midi longue randonnée, le soir lecture.

Tout ceci, dans la quiétude d’un bon port, bien amarré avec vue sur les montagnes enneigées. Pas à s’inquiéter du vent, de la marée, du courant autre qu’électrique. Paisible routine qu’il nous faut quitter. Réarmer et avitailler Gwenn Ha Du, espars et moteur. Réorganiser notre intérieur, ôter le micro-ondes de Lottie, les deux petits chauffages et tout un système savamment agencé de fils, de rallonges distribuant le 220 volts dans tout le bateau. Sans compter, tout le menu bazar qui s’est amoncelé au fil des jours, bois de rennes, fanions Norvégiens, pierres et bois flottés.

Il faut tout chambouler, nous avec. Tout ranger, capeler harnais, bottes et cirés. Finalement, nous étions bien ici et pourtant nous n’y resterions pas. Sûrement est ce, ce qui nous incite à lever les amarres.

Peut être, dans une contrée clémente, au climat doux et tempéré, resterions nous scotchés au ponton, vivant de l’air du temps et du temps qui passe. Oublieux des soucis, des guerres, du monde et de ces péripéties, oublieux des miséreux, oubliés les immigrés. Oubliés, oublieux.

La mer nous attire, son puissant aimant nous entraîne dans une valse tourbillonnante de vagues qui, pourtant nous feront régurgiter, nous feront regretter d’être venus, d’avoir froid, d’avoir peur parfois.

Pourquoi sommes nous ici, pourquoi ne restons nous pas peinards au coin de feu, pourquoi avons nous quitté notre arbre.

Allez savoir, nous n’avons toujours pas la réponse.

C'est le départ, dernières photos d'Hammerfest.
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C'est le départ, dernières photos d'Hammerfest.C'est le départ, dernières photos d'Hammerfest.

C'est le départ, dernières photos d'Hammerfest.

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Commenter cet article

Véronique 31/05/2018 08:07

Quelles jolies photos ! Quel est votre appareil, déjà ? Que c'est beau la Norvège ....