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Une journée de concorde

 

Le diable ou le bon dieu pianote de ses doigts sur le pont du bateau et me réveille, il pleut de lourdes gouttes mêlées de grêlons. Je sais bien que ni l'un ni l'autre n'existe, mais on me l'a tellement seriné, martelé, enfoncé dans le crâne, que je ne puis l'extirper complètement, telle une écharde cassée qui reste sous la peau et qui blesse. Je sais bien que je ne peux pas compter sur ces deux-là pour être heureux et du reste, ne compte pas sur eux deux. Il ne fait pas jour que je m'attelle, tel un animal bâté, mon critérium en main à relater notre journée d'hier. Heureuse journée. Nous, nous sommes rencontrés, Anne et JP, depuis 48 années.
Carol et Richard comme il y a cinq ans nous ont prêté une petite voiture, comme ils disent. Ce simple fait à lui seul nous remplit de gratitude. Nous sommes partis au Sud de Belfast, découvrir le lough Strangford dont on nous a vanté la beauté. C'est aussi une petite bourgade avec une superbe vue sur le lough et Portaferry juste en face. Voulant profiter pleinement de ce paysage, une randonnée s'impose. C'est alors que nous entendant parler, une jeune femme et son chien nous interpelle.

- Vous êtes Français ? La conversation s'engage, la région, la France qu'elle aime retrouver aux vacances, son chien six mois ne cesse de se frotter dans nos jambes, content lui aussi de cette aubaine. Nous lui demandons un sentier côtier, au lieu d’une longue explication, elle nous guide à presque un kilomètre du bourg où se trouve une esquisse de sente que nous n'aurions pas découverte, seuls. Elle repart chez elle, une ancienne gendarmerie rénovée avec soin, nous demandant de frapper à sa porte si nous avions besoin de quoi que ce soit. Merci Deirdre, qui nous a promis une visite au bateau. La journée est ensoleillée, les coefficients de marée sont hauts et la mer lèche le bord des murets qui entourent presque tout le lough, long de huit kilomètres. C'est sublime, les huîtriers pie et les courlis, en chorale entonnent un hymne à la nature. Nous, nous taisons de peur de déranger ce fragile équilibre. La faim nous tenaille, nous rappelle que nous avons aussi des besoins physiques. Qu'on ne vit pas que d'amour et d'eau fraîche. De retour, un petit restaurant nous tend ses pinces, si j'ose dire "The Lobster Pot". Dans cette petite salle, quatre tables sont occupées, nous prenons la cinquième. Commandons, sans toutefois savoir avec précision ce que nous allons déguster, notre anglais toujours aussi précaire. Délicieux et cheaper, 24 £ pour nous deux. En France, un tel menu nous aurait bien coûté 60 €. Nous savourons d'autant plus que nous fréquentons très peu les restaurants. La salle s'est vidée, reste aux deux extrémités trois personnes d'un âge respectable et à l'autre, nous deux, tout aussi respectables. Nous, nous voyons demander si nous étions Français et à nouveau échanger avec Michael, Barbara et Jock. Tous les trois amateurs de voile et de croisière. Échange de mails et promesse de se revoir, soit chez eux ou sur le bateau. C'est alors que surgit des cuisines, Ferrero, le chef du restaurant.

- Vous êtes Français ? Le voilà, nous comptant l'immigration de ses parents Portugais en France, l'application de ceux-ci pour qu'il ait de l'instruction, son parcours dans de grandes institutions culinaires, tant en France qu'ici en Irlande qui le retient par les liens du mariage. En somme une très, très belle journée. Nous rentrons à Belfast par la route côtière, la nuit est descendue doucement. Nous revoilà à bord. Un radis, une tomate miniature en guise de dîner, nous avons vraiment abusé ce midi. Toc ! toc ! toc ! Sur la coque, ce n’est, encore une fois, ni le bon dieu, ni le diable, ouf !  c'est Mike et son copain Paul qui veulent nous inviter au Pub. Nous leur proposons, plutôt, un verre à bord. Mike, a une superbe goélette de 25 mètres de long, amarrée dans la marina, quatre équipiers sont nécessaires à sa manœuvre. Paul, son ami, parle admirablement le français. C'est devant bière et pastis que nous terminons cette journée riche de rencontres. 

Nous sommes des bienheureux, remercions Carol et Richard et tout ce long processus qui nous a amené jusqu’ici depuis notre naissance, tout est lié, tout s’enchaîne, nous ne pouvons rien tout seul. Demain nous visiterons Cave hill.

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